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Si vous me suivez sur les réseaux sociaux vous savez que j’ai récemment perdu un être cher.

Elle s’appelait Marie Yvonne et avait 21 ans.

Même si je me préparais à cette éventualité là depuis plusieurs mois que je l’accompagnais du mieux que je pouvais comme les autres membres de la famille, son décès reste un choc.

Il reste incompréhensible et difficile à accepter.

D’un autre côté c’est aussi un soulagement car elle ne souffre plus. Elle se repose enfin.

Je suis arrivée à Dakar il y a quelques jours pour ses obsèques. Une réelle expérience de vie pour moi qui ai toujours réussi à fuir ce type d’événements.

Je me plains régulièrement du poids social au Sénégal mais là je peux vous dire que je suis bien heureuse que ma famille soit entourée de toutes ces personnes qui viennent présenter leurs condoléances tout au long de la journée. C’est vraiment thérapeutique. 

Je vis tout ceci pleinement en profitant de ma tristesse et en pleurant sans me cacher car non non je ne suis pas forte et je n’ai pas envie de l’être.

Je profite aussi des moments de rigolade où nous nous remémorons certaines anecdotes au sujet de ma cousine.

Cela m’aide énormément pour « l’après Marie Yvonne » car plus rien ne sera jamais comme « avant ».

Je ne pense pas que j’aurais réussi à écrire ces lignes si j’étais restée en France loin de ceux que j’aime.

Le mot famille au sens large du terme prend d’ailleurs tout son sens ici.

Comment faire maintenant ? Comment continuer à vivre sans elle ? Parce que la vie doit reprendre ses droits.

J’ai souvent entendu des artistes parler de ce moment où juste avant de monter sur scène pour un spectacle, ils apprenaient le décès d’un proche et ont pris la décision d’y aller. De donner leur show, parfois leur meilleur show alors que le chagrin les consumait.

Ils ont réussi à donner vie à leur personnage, à l’animer, à tenir le coup face à la douleur et à faire le job.

Je suis dans cet état. Cet état où la douleur est forte, où elle a pris toute la place dans ma vie.

Comment faire quand on n’a pas de personnage à jouer, quand ce qu’on partage avec le monde c’est un peu de soi ? Comment faire lorsque c’est une partie de soi qu’on dépose là ?

Je ne pouvais pas revenir ici comme si de rien n’était. Je ne pouvais pas revenir en mode « pump it up » comme si rien n’avait changé dans ma vie, comme si tout allait bien depuis le 27 mars 2018. Non ce n’est pas possible. J’aurais le sentiment de me trahir et de la trahir si je n’en parlais pas. Déjà que cela fait des mois que j’essaie de rester de positive, de garder l’espoir et la foi en me persuadant que tout irait bien…

Elle a fait partie de ma vie, Elle m’a montré à quel point la vie est précieuse et m’a confirmé que seul le moment présent compte.

Il y a quelques semaines , juste avant de nous quitter lors d’un énième séjour à Montpellier où je lui rendais visite , nous avions eu une conversation alors que je vivais un moment difficile de ma vie de femme.

Elle m’a dit « je suis fière de toi ». « Je suis fière de ce que tu fais ». « Je suis fière de dire que tu es ma dada » « continue à profiter et à faire ce que tu fais » « continue à te foutre des gens et de ce qu’ils pensent » « je suis fière toi ».

Moi la dada, la grande sœur, j’étais redevenue une enfant qui avait besoin d’entendre ces mots pour grandir et avancer malgré mon désarroi.

Je n’ai pas eu l’occasion de le lui dire, mais c’est grâce à ses mots que j’ai réussi à reprendre l’écriture, que j’ai réussi à recommencer à partager des articles sur mon blog. C’est grâce à Elle que j’ai compris que la vie est un immense terrain de jeu dont je fixe les règles. C’est grâce à Elle que j’ai repris le dessus. C’est en fait l’héritage qu’elle m’a laissé.

Jusqu’à présent j’ai vécu et croqué la vie à pleines dents pour 2. Pour ma grande sœur Ibilola, et moi même.

Aujourd’hui j’ajoute ma cousine, ma petite sœur, mon amie, ma confidente à cette équation . C’est tout ce qui compte désormais.

Je remercie le Seigneur, l’Univers, Allah, je ne sais pas comment vous le nommez : de m’avoir donné la chance et l’honneur de l’avoir dans ma vie.

Je suis convaincue que chaque rencontre est un passage pour apprendre, chaque expérience est une occasion de se redéfinir et je suis reconnaissante de ça.

Je laisse ces quelques lignes ici comme un contrat avec moi-même et avec vous. Un contrat pour continuer à vivre pleinement même si c’est dur.

Je reviendrai lire ces lignes lorsqu’il m’arrivera d’en douter. 

J’illustre ce billet avec une photo prise sur une plage de Dakar. J’ai profité de quelques instants seule au bord de la mer pour reprendre mon souffle. Ces dernières semaines ont été éprouvantes. Cela fait tant bien de prendre du temps pour soi et se créer des espaces pour se retrouver et se ressourcer. Le fait de prendre le temps d’ecrire au sujet de toutes ces émotions, de préparer mon témoignage au sujet de Myvonne (et de réussir à le lire à la messe ) aussi est thérapeutique.

Bon. Allez. Je m’arrete là et vais profiter de Dakar. Je reviens bientôt Ici.

Je vous remercie pour tous vos petits mots, votre soutien, votre bienveillance J’en suis très touchée.

Je vous embrasse et vous souhaite un joli mois d’avril.

Alors nous y sommes.

J’y suis.

Show must go on…

Lorsque j’avais 8 ans, j’avais rendez-vous tous les matins avec des voisins pour nous rendre à l’école. Le trajet se passait toujours bien.

Ce matin là, je marchais un peu à l’écart des autres. Je ne sais pas pourquoi mais j’étais un peu à la traîne.

Un homme, teint clair, avec beaucoup de cheveux sur la tête, en fait c’était un afro s’est approché de moi. Il a marché à côté de moi, puis m’a posé des questions. Quel âge as-tu ? Où habites-tu ? Il m’a demandé s’il pouvait passer me voir. J’ai répondu naturellement à chacune de ses questions. Puis il a pris ma main. L’a frottée contre son sexe. Puis je ne sais plus comment nos chemins se sont séparés. J’ai continué ma route vers l’école.

Je n’ai jamais rien dire à personne. Je n’en ai jamais parlé.

A 10 ans. Une connaissance de la famille, que j’appelais « tonton » comme tous les adultes et qui lui avait pris l’habitude de m’appeler « ma femme » nous a rendus visite. Un membre de ma famille préparait l’apéro dans la cuisine. L’homme lui était assis sur le sol, face à la table basse en verre. Je ne sais plus comment je suis arrivée à côté de lui. Tout est qu’il a commencé à me tripoter, a mis sa langue dans mon oreille. Je n’ai jamais aimé cet homme. Je me suis débattue et ai couru dans la cuisine sans jamais rien dire à ma famille. Je n’ai jamais rien dit à personne. Je n’en ai jamais parlé. La seule fois que je l’ai fait c’était à Danielle il y a quelques jours quand nous échangions sur les mouvements #MeToo et #Balancetonporc.

Mai 2007, j’ai 24 ans. Je vois quelqu’un de temps en temps. Je vis à Lille. Lui à Paris. Ce jour là je passe la journée à Paris. Je prends un verre avec un couple d’amis puis me rends chez lui pour la première fois. Il vit en banlieue. Je ne sais plus trop dans quelle ville. C’est un peu flou. En tous cas le trajet en RER me semble interminable. J’arrive au milieu de tours. Je suis inquiète mais j’y vais quand même. J’ai confiance. Nous nous « fréquentons » depuis plusieurs mois déjà. J’arrive chez lui. Ça ressemble plus à un squat qu’à un appartement. Le matelas est à même le sol, les objets électroniques sont raccordés de façon hasardeuse. C’est sale. Je ne m’y sens pas bien. Déjà je veux le quitter. Il commence à me toucher. Je n’ai plus confiance. Il veut aller plus loin. Je lui demande s’il a des préservatifs. Il me dit non. Je refuse d’aller plus loin. Je dis non. Je le dis en Anglais car il est anglophone. Puis en Français. Je dis non. Il continue. Je serre les cuisses. Il jouit. Je ne sais pas s’il a réussi à forcer l’accès. Je ne sais pas. Je ne sais plus. C’est confus. Je me lève. Je vais pleurer dans les toilettes. Je sors. Je prends mes affaires et quitte cet endroit. Je marche pour retrouver la station de RER. Il me suit. Ne semble pas comprendre mon désarroi. Insiste pour me parler. Il n’est même pas menaçant. Il me regarde. Il y a des policiers au RER. Pleins de policiers. Enormément de policiers. Ah je me souviens du nom de la station de RER. Je me dirige vers les policiers car ils sont au niveau des portiques. Je ne dis rien à personne. Je ne porte pas plainte. Je prends le train. Retourne au café retrouver mes amis qui y étaient toujours. Comme si de rien n’était. Je les retrouve. Prends un verre. Rigole avec eux. Passe un moment bizarre. Comme si je flottais au dessus de tout ça. Je prends le train pour Lille le soir même. Je laisse cette histoire dans un coin de ma tête. Elle revient de temps en temps mais je n’en fais pas cas. Je ne suis pas traumatisée donc bon c’est que tout va bien n’est-ce-pas ?

Je n’ai parlé de cette histoire qu’il y a 3 mois, à un homme qui est entré dans ma vie et qui est une belle rencontre. Le fameux « date » dont je parle parfois sur mes stories Instagram. A part lui, j’en ai peut-être parlé une fois sur whatsapp à des amies. Sans doute Danielle encore ? Je ne sais plus.

Ces 3 épisodes me sont revenus en pleine face ces derniers jours. En lisant toutes ces histoires. Tous ces témoignages poignants. J’ai réalisé que moi aussi. A un moment j’ai subi une agression sexuelle.

Depuis quelques jours je suis un peu « down » et je n’arrivais pas à identifier la raison. Je crois bien que ça y est. J’ai compris. Ces souvenirs qui remontent à la surface.

Ces émotions que je ressens, ce n’est pas de la honte. Ce n’est pas me sentir sale. Je pense que j’éprouve une profonde colère de réaliser que nous sommes si nombreuses. Si nombreuses à subir des agressions sexuelles, du harcèlement de rue, de la négation de notre humanité. Nous sommes si nombreuses et ce n’est pas normal.

Pourquoi n’ai je pas porté plainte ? Pourquoi n’ai je rien dit ? Enfant je me disais qu’on ne me croirait pas. Et puis je n’avais pas conscience de la gravité des faits. Je me demande ce qui me serait arrivé si j’avais été seule avec ces hommes.

Pourquoi n’ai je pas porté plainte alors que j’avais tous ces policiers autour de moi ? J’avais peur. J’étais sous le choc. Je niais ce qui venait d’arriver. Et puis ce n’était pas si grave que ça. Je n’avais pas été sauvagement violée dans un squat. Et puis c’était sensé être un homme que je connaissais bien. Je pensais que c’était de ma faute. Pourquoi suis-je allée chez lui d’ailleurs ?

J’en parle ici aujourd’hui sur mon blog. Cet espace qui m’a vue grandir, devenir la femme que je suis et sur lequel je me raconte depuis exactement 10 ans. Cet espace qui m’appartient. J’en parle ici car lorsqu’on a la chance d’avoir une plateforme, qu’on est une « personnalité publique » or whatever,  on se doit de s’exprimer sur certains sujets. C’est ainsi. J’ai la chance de pouvoir m’exprimer. De vivre dans un pays où la liberté d’expression est précieuse. Je saisis cette chance là.

C’est aussi un devoir de dénoncer ces comportements. Il y en a d’ailleurs un autre qui alors lui tellement commun qu’il est banalisé. Le harcèlement. Le harcèlement de rue d’abord : au moins une fois par jour et cela depuis que j’ai de la poitrine à savoir 11 ans. Dans tous les pays. Sans compter les « t’es qu’une grosse vache salope » à chaque refus de ma part de répondre à des sollicitations qui ne m’intéressent pas. Et puis le harcèlement en ligne. Au moins dans la rue je vois généralement venir le truc et parfois je réponds et quand je suis en forme je hausse le ton. Mais alors ces fois où je reçois des vidéos de mecs qui se masturbent dans ma messagerie Instagram ou Snapchat me donnent envie de vomir. Recevoir ce type de video alors qu’on n’a rien demandé : c’est du harcèlement.

Et mon consentement alors ? C’est de la merde ? Il n’a pas de valeur. Pour eux non. Certains disent que je devrais être flattée de recevoir ces vidéos car grosse comme je suis, impossible de plaire à un homme. Connards.

Alors voilà. J’en parle. J’en parle et je n’ai ni honte ni peur de le faire. Nous ne sommes pas seules. Vous n’êtes pas seules. Nous sommes toutes ensemble. Main dans la main. Nous nous soutenons.

Sans ces différents témoignages sur les réseaux sociaux, j’aurais sans doute continué à occulter ces épisodes de ma vie. A les garder sous silence. A les enfouir le plus loin possible et à continuer à bâtir une forteresse autour de moi. Je parle de forteresse physique, tout ce poids que j’ai pris et qui m’a sans doute sauvé la vie ces dernières années. C’est désormais un nouveau travail que j’ai à mener.

Ces quelques lignes laissées ici me permettent d’en prendre conscience. Je réalise aussi que c’est après le malheureux épisode avec l’anglophone, en 2007 que j’ai commencé à avoir des problèmes de thyroïde. J’avais déjà lu que les maladies de la thyroïde peuvent se déclencher suite à un choc émotionnel. Elles font partie des maladies du silence, les maladies du « ne pas dire ». Ces maladies qui renferment de la colère non exprimée. Je n’avais jamais fait le lien. Je pensais que seule l’hérédité jouait dans mon cas. Tu parles. Des choses à dire il y en a des tonnes.

Ce n’est pas un hasard si c’est aussi en 2007 que j’ai commencé à bloguer. Que j’ai trouvé un refuge sur Internet pour tenir un journal intime public. En fait tout se recoupe.

Dans un précédent billet (ici), je parlais de l’effet négatif que peuvent avoir les réseaux sociaux sur le moral.

Dans ce cas, ils m’ont permis d’entamer une réflexion sur la question. De comprendre la raison pour laquelle je ne supporte pas, et suis prise de tremblements lorsque j’entends le récit d’une agression, d’abus sexuel ou d’inceste. Merci d’avoir ouvert cette conversation. Je suis certaine que bon nombre de femmes vont pouvoir commencer le processus de guérison et trouver la paix en mettant des mots sur leurs maux.

Et maintenant ? Qu’est-ce qu’on fait ?

J’ai découvert à travers cette vidéo que le mouvement « Me too » existe depuis de nombreuses années.

Ce mouvement qui s’invite sur les réseaux sociaux permet à des milliers de femmes d’avoir une conversation à coeur ouvert, de réaliser qu’elles ne sont pas seules, de s’exprimer sans avoir à le faire face à d’autres qui pourraient juger et trouver des raisons aux violences qu’elles ont subies. Ou encore face à des agents de police qui nient ce qui leur est arrivé. Triste réalité mais en même temps c’est rassurant car nous avançons désormais ensemble. Main dans la main.

N’ayons pas honte. Ne minimisons pas la souffrance des unes et des autres. Il n’y a pas de « petite » agression. Il n’y a pas de « petit » traumatisme. Il n’existe pas d’échelle de valeur dans la souffrance. Ne tombons pas dans le raisonnement de culpabilisation paternaliste qui nous reproche notre façon de nous habiller, notre décision d’avoir une vie sociale et de sortir la nuit, notre désir de passer la soirée avec telle ou telle personne. Non. Le problème ce n’est pas nous. C’est eux. Ce sont eux les prédateurs.

Notre seule mission, en tant que femmes est de vivre avec nos propres règles et d’avoir confiance en la vie pour guérir car en fait nous sommes des survivantes.

Il y a d’abord eu l’affaire Gabourey Sidibé. Vous savez, ce fameux épisode de la série Empire dans lequel on voit une scène de sexe entre l’actrice et un homme qui répond aux canons de beauté communément admis. Cette scène avait soulevé un tollé sur la toile, dans la presse et fait les beaux jours des grossophobes.

Chacun y était allé de son petit commentaire, de sa haine envers les gros et les corps non normés. Cette scène mettait les pieds dans le plat. Je vous informe que OUI les grosses ont une vie sexuelle et oui une actrice grosse peut aussi jouer une scène de sexe et cela est tout à fait normal.
Aujourd’hui, c’est au tour de l’affaire Usher. Le chanteur est accusé d’avoir eu des relations sexuelles non protégées sans mentionner son herpes (incurable paraît-il).

Il se trouve que Quantasia Sharpton, l’une des plaignantes est grosse. Et là. C’est le drame. 

L’Internet a décidé de remettre en cause le témoignage de la jeune femme à cause de son physique.
On scande « non Usher ne peut pas avoir couché avec « ça » ». Et ça y va du Fat-shaming alimenté par toutes sortes de plateformes dont les abonnés se délectent de commentaires nauséabonds que les administrateurs ne prennent même pas la peine de modérer ! Cela anime les pages voyez-vous.

« Il est forcément gay » (+ l’homophobie doublée de misogynie au calme.) D’autres soutiennent que cette femme est en quête de buzz, l’appât du gain évidemment.

On ne va pas se mentir, aujourd’hui encore, on concède à la femme obèse d’avoir une sexualité seulement si elle est l’objet de fétichisation ». Extrait de mon interview au magazine Glamour de mai 2017 dans un dossier intitulé « Le sexe XXL ». Naturellement, qu’une grosse ait pu accéder au lit d’Usher est juste inconcevable !

En réalité : qu’il y ait eu rapport ou pas, je m’en fous.

Ce qui m’intéresse ici c’est cette idée selon laquelle les grosses ne puissent pas avoir de vie sexuelle et qui plus est plaire à un sex-symbol. Cet acharnement envers le corps de cette femme me sidère. Nous sommes en 2017 et la grossophobie continue à faire des victimes.

C’est terrible de lire ce type de commentaires et un tel déchaînement de haine. Terrible et aberrant de nier que cette femme puisse plaire car elle ne correspond pas aux standards de beauté et encore moins aux femmes qu’on voit dans les clips du chanteur. Pour rappel les clips, les films, etc c’est du divertissement.

Certains soutiennent que leurs propos ne relèvent pas du Body-shaming ou de la grossophobie. Ok je vous redonne la définition histoire que nous soyons tous sur la même longueur d’ondes.

« Aversion ou attitude hostile envers les personnes en surpoids, grosses ou obèses. »

Les obèses sont continuellement stigmatisés. Ils subissent la grossophobie dès le plus jeune âge dans la cour d’école comme j’en parlais dans ce billet.

Souffrent de discrimination à l’embauche du fait de leur apparence. « Les femmes obèses ou en surpoids sont davantage discriminées que les hommes ou les femmes de corpulence « normale », révèle une étude menée par le Défenseur des droits et de l’Organisation internationale du travail (OIT) et parue en février 2016.

Sont rabaissés par le corps médical lors de consultations notamment au moment de la grossesse (Danielle en parle très bien dans ce billet).

Sont pointés du doigt dans leur assiette à chaque repas, car voyez-vous, le gros ne fait que s’empiffrer ! Exit la dépression, les troubles du comportement alimentaires, les dérèglements hormonaux qui sont des causes d’obésité.

Aujourd’hui, eh bien c’est jusque dans notre lit qu’on vient nous faire chier ? Au nom de quoi exactement ? 

Sachez-le : les hommes qui vivent pour mettre des grosses dans leur lit et qui n’assument pas ça court tellement les rues que vous n’êtes pas prêts à voir cette réalité.
Il n’y a qu’à lire les messages privés (vidéos à l’appui) que mes collègues blogueuses et moi-même recevons. Au demeurant pathétiques d’ailleurs.
Peut-être que vous ne les voyez pas ? Peut-être que vous n’avez pas conscience du nombre d’hommes qui aiment les formes ? Vous riez pourtant à gorge déployée quand certains parlent de « cellulite onctueuse » et en font même un tutoriel pour expliquer comment faire l’amour à une grosse ? La grosse a un physique tellement hors-norme qu’il faut carrément un mode d’emploi pour prendre du plaisir avec elle ?
Sans compter cette fâcheuse tendance à faire de la relation avec la grosse une espèce de déviance fétichiste, exemple : les sections « BBW » (Big beautiful Women) sur les sites pour adultes.

Mesdames, ne laissez surtout jamais aucun homme vous faire croire que vous n’êtes pas assez bien pour qu’il déclare son attirance pour vous à la terre entière.
Messieurs, il n’y a rien de honteux dans le fait d’apprécier les formes généreuses. Il n’y a d’ailleurs rien de courageux là dedans. C’est tout à fait normal.

Je ne compte pas le nombre de fois où on m’a demandé « tu t’assumes, tu te sens bien dans ta peau mais comment ça se passe avec les hommes ? »
Eh bien tout va bien. Pourquoi cette question ? Cela ne vous paraît pas normal qu’une grosse puisse plaire ? Qu’un homme (ou une femme d’ailleurs) puisse la trouver sexy ?

Pour information : une grosse est une femme normale. Point. Barre.

L’autre élément, et pas des moindres qui m’a dégoûtée en lisant tous ces commentaires dans l’affaire Usher, ce sont les déclarations venant de femmes. De femmes parfois elle-même obèses. Really gurl ?

Je ne peux plus tolérer ce type de comportements. J’ai tellement souffert de préjugés que cela me révolte de découvrir ce type de messages au 21ème siècle.

Je conçois le chemin vers l’acceptation de soi comme un chemin vers l’acceptation de l’autre. Apprendre à s’aimer, aimer son corps, le chérir, est une merveilleuse façon d’accepter celui ou celle qu’on a en face de nous. C’est se libérer du poids des injonctions et des jugements de la société.

Comment pouvez-vous voir le beau en l’autre si votre propre corps vous dégoûte ?

Je n’ai pas construit ma vie de femme autour de l’idée d’être sexy ou plaire à un homme. Je me construis chaque jour pour plaire de plus en plus à celle que je suis et cette femme là n’a pas peur de complimenter une autre femme.
Mesdames, de grâce soutenons-nous et apprenons à nous tirer les unes les autres vers le haut.
C’est quand la dernière fois que vous avez dit à une amie qu’elle est belle ? A votre meilleure amie, à savoir vous-même ?
La dernière fois que vous avez vu une femme et n’avez pas critiqué son physique ? Think about it.

Nous méritons le meilleur.

L’affaire Usher et les réactions de certains devraient nous permettre de nous poser des questions sur ce que nous souhaitons vraiment dans les relations que nous entretenons avec ces messieurs. Cet homme a-t-il suffisamment confiance en lui pour que je lui fasse une place dans ma vie ? (Mon lit ?!)

Nous sommes seules maîtresse à bord en ce qui concerne notre corps, notre façon de nous habiller, notre sexualité. Et cela quelque soit notre orientation sexuelle. Mon corps, mes choix.

Que ce soit pour un coup d’un soir ou pour la vie : nous décidons
.
Rappelez-vous que votre corps, notre corps est un temple, à ce titre il mérite les meilleures offrandes.
C’est non seulement une question d’estime et d’acceptation de soi, mais aussi de respect de soi.

Je décide, vous décidez, nous décidons et c’est la base de toute relation.


Les illustrations sont de Gabriele Pennacchioli


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