Il y a des endroits où l’on va et ceux auxquels on revient. Le 1er août 2026, le Bénin célèbre le 66ème anniversaire de son indépendance. Pour cette occasion, j’ai eu envie de célébrer quelque chose de très personnel : mon homecoming. (Il s’agit initialement d’une fête célébrée dans les écoles américaines.)
Ici j’emprunte ce concept pour illustrer mon retour au bercail. Mon retour aux sources. Mon retour à mes origines.
C’est surtout, ce sentiment assez difficile à expliquer de revenir quelque part et de se dire :
« Ah. Peut-être que je suis exactement là où je dois être. »
J’ai alors imaginé ce shooting comme une manière de raconter cette histoire autrement : en portant littéralement mon pays sur ma tête.
Pays qui habite mon cœur depuis bien plus longtemps.

Le Bénin n’est pas une tendance

Il y a quelque chose de merveilleux à observer depuis quelques années : le Bénin rayonne.
On en parle de plus en plus, le visite, le découvre. On y revient. Des personnes de la diaspora, comme moi font le chemin inverse et viennent, elles aussi, chercher quelque chose ici.

Je suis heureuse de voir mon pays être regardé autrement, de voir sa culture, son histoire, sa gastronomie, ses paysages, ses talents et son énergie susciter autant d’intérêt.

Pourtant, mon histoire avec le Bénin ne commence pas avec cet engouement.

Le Bénin n’est pas devenu mon « chez moi » parce que c’est tendance.

Il n’est pas devenu mon chez moi avec les réseaux sociaux.
Il n’est pas devenu mon chez moi parce que tout le monde parle de retour au pays.
Mon choix de m’y installer n’est finalement que l’aboutissement d’une histoire beaucoup plus ancienne. Souvenez-vous de ce billet rédigé il y a 10 ans, jour pour jour.

Je suis née au Sénégal, j’ai grandi entre plusieurs cultures, j’ai vécu en France et dans d’autres endroits. Pendant longtemps, j’ai eu plusieurs « chez moi ». J’ai longtemps pensé, comme beaucoup de personnes issues de la diaspora, qu’il fallait peut-être choisir.

Choisir une identité, une appartenance ou encore l’endroit auquel on appartient vraiment.

Avec le temps, j’ai compris que ce n’était pas nécessaire.

Tel un arbre, on peut avoir plusieurs racines. Plusieurs histoires. Plusieurs appartenances. Et toutes les porter fièrement.

Mon lien au Bénin n’est donc pas nouveau. Il s’est simplement transformé.

Peut-être que ce que je vis aujourd’hui n’est pas tant une découverte du Bénin qu’une redécouverte de moi-même à travers lui.

Homecoming : quand rentrer chez soi, c’est aussi rentrer en soi

Le mot homecoming me parle énormément. Parce qu’il ne signifie pas simplement rentrer dans un pays. Il y a quelque chose de beaucoup plus intime derrière ma vision de cette notion.

C’est revenir vers quelque chose qui nous appartient : une histoire, une culture, des souvenirs, des codes, des sensations : une façon d’être au monde.

Parfois même une partie de soi que l’on n’avait pas conscience d’avoir laissée quelque part.

Aujourd’hui, le Bénin est devenu ma safe place. Pas parce que tout y est parfait. Non hein ! Mais parce qu’ici, certaines choses n’ont plus besoin d’être expliquées.

Je peux être moi. Entièrement.

Avec mon histoire, mes contradictions, mes différentes appartenances, mes rêves, mes projets, mes « je ne sais pas encore », mes réussites et mes ratés.

Je n’ai pas besoin de choisir quelle partie de moi mérite d’exister. C’est ce qui me touche sans doute le plus dans ce retour.

À force de chercher l’endroit où je me sentais à ma place, j’ai fini par comprendre que je revenais simplement à moi.

Mon homecoming, finalement, ce n’est pas seulement celui d’une femme qui revient dans le pays de ses origines. C’est celui d’une femme qui, après avoir beaucoup cherché, commence à comprendre qui elle est.

Peut-être que rentrer chez soi, c’est parfois ça : ne pas seulement rentrer dans un pays,
mais rentrer en soi.

Porter le Bénin : raconter mon identité à travers ce shooting

Pour raconter cette histoire, j’avais envie de créer des images qui aient du sens. Pas simplement de faire de jolies photos avec un drapeau.

Je voulais porter le Bénin. Littéralement !

La coiffe que je porte représente la carte du Bénin, avec les couleurs de son drapeau. Une sacrée responsabilité, dites-moi !

Derrière cet accessoire spectaculaire, il y a surtout un symbole qui me parle énormément.

Porter le pays sur ma tête, alors qu’il habite depuis longtemps mon cœur.

Pour moi, cette image raconte aussi mon identité : une femme de la diaspora qui née et a grandi au Sénégal. Je suis française avec des origines béninoises. J’ai vécu ailleurs. J’ai construit ma vie en France. Aujourd’hui, je construis aussi une partie de ma vie au Bénin.

Je ne veux plus avoir à expliquer laquelle de ces histoires est la « vraie ». Elles sont toutes vraies. Parce qu’elles sont toutes les miennes.

C’est aussi pour cela que j’ai choisi le terme homecoming.

Il ne dit pas : « J’ai enfin trouvé le seul endroit auquel j’appartiens. » C’est plutôt : « Je suis revenue à une partie de moi. »
Cette nuance est importante parce que je ne crois pas qu’il faille effacer ce que l’on a été pour devenir quelqu’un d’autre. Je crois au contraire que l’on peut ajouter des morceaux à son histoire.
Et aujourd’hui, le Bénin est un morceau essentiel de la mienne.

Derrière les images : célébrer les talents béninois

Je voulais raconter chose avec ce shooting car une image comme celle-ci ne se crée jamais seule. Non ce n’est pas de l’intelligence artificielle !
Derrière une photo, il y a des idées, des mains, des heures de travail, du savoir-faire et des personnes qui donnent vie à une vision.

Le Bénin que je veux célébrer n’est pas seulement celui qu’on visite. C’est aussi celui de ses talents et de ce qu’ils créent.

Cette série est donc aussi une manière de mettre en lumière celles et ceux qui ont participé à sa réalisation.

La coiffe, réalisée avec minutie par Inès, qui a donné vie à cette incroyable carte du Bénin.
Le bomba, tenue traditionnelle, cousu par Jean dans l’atelier d’Ibilola, ma marque de mode inclusive et grande taille made in Bénin.
Le maquillage, réalisé par Floryte que j’ai accueillie récemment dans la team Ibilola.
Les photos, réalisées par Enoch, le photographe officiel d’Ibilola.

Un véritable travail d’équipe !
J’aime l’idée que ce shooting ne parle pas seulement du Bénin, mais qu’il parle aussi à travers celles et ceux qui le créent aujourd’hui.

Des artisans, créateurs, entrepreneurs, artistes, photographes, maquilleuses, couturiers.
Des personnes qui, chaque jour, font avec leurs mains et leur créativité un Bénin qui avance et qui rayonne. Les acteurs de ce Monde de Splendeurs.

Mon homecoming ne fait que commencer

Je ne sais pas exactement où ce chemin va me mener. Mais pour la première fois depuis longtemps, j’ai le sentiment de ne pas avoir besoin de tout savoir.
Je sais simplement que je suis là. Au Bénin. Chez moi. Je sais que ce retour n’est pas un effet de mode.
C’est un choix mûri.
Un choix assumé.
Un choix qui ressemble à la femme que je suis devenue.

Alors aujourd’hui, pour célébrer l’Indépendance de mon pays, je ne célèbre pas seulement une date : je célèbre mes racines.
Mon histoire.
Mon identité.
Les personnes qui font rayonner le Bénin.

Je célèbre ce que ça fait de retrouver son chemin vers soi.

Je porte mon pays sur la tête mais il y a longtemps qu’il habite mon cœur.

Joyeuse fête de l’Indépendance à toutes et tous, du Littoral à l’Atacora, en passant par toute la Diaspora.

Mon homecoming ne fait que commencer.

Pour aller plus loin
Découvrir www.ibilola.com ma ligne de mode inclusive et grande taille
Commander mon livre Fière d’être moi-même, Ed. Leduc à la Fnac ou sur Amazon
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Blogueuse body Positive depuis 2007 Créatrice de #Ibilola et fondatrice de #FrenchCurves gaelle.prudencio@soeuretteproductions.com

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