Je porte un maillot de chez Miraclesuit et vous pouvez le gagner en ce moment sur mon compte Instagram !Je l’ai fait !

Le 7 juillet 2018, au parc des Expositions de la porte de Versailles, sur le catwalk du salon de la lingerie et du maillot de bain, j’ai participé à un défilé 100% Body Positive avec des femmes qui ont des histoires de corps différentes pour casser les codes et se servir du maillot de bain comme outil pour la confiance et l’acceptation de soi. 

Nous étions 15 femmes à la fois sublimes, sexy et émouvantes face à des professionnels de la mode et la presse qui se sont laissés prendre au jeu de la bienveillance. 

J’ai relevé ce défi. Oui c’était un défi pour une Gaëlle Prudencio qui pose en maillot de bain depuis un certain temps maintenant sur son blog et les réseaux sociaux notamment par le biais du challenge French Curves ou encore avec le Curves, Cocktails & Bikinis organisé il y a un an. C’est un défi pour cette même Gaëlle qui vit très bien dans ses rondeurs et qui a fait du maillot de bain l’une de ses armes pour militer contre la grossophobie en tant que porte-voix du mouvement Body Positive en France.

Oui c’était un sacré challenge pour moi de défiler en maillot de bain en sachant que je serais la plus grosse sur le catwalk et cela parce que je reviens de loin, de très loin et pas uniquement d’un point de vue physique car en fin de compte le Body Positive c’est d’abord un état d’esprit avant d’être un hashtag relayé par la presse et désormais utilisé par les marques comme argument marketing.

Été 2006, je suis sur la plage à Dakar avec de la famille et des amis.

Il y avait de tout, des petits, des grands, des blancs, des noirs et une grosse. La grosse c’était moi. Je passais un bon moment avec tout le monde jusqu’à ce que j’ai l’idée saugrenue d’aller me baigner. Mais oui c’est une idée absurde que d’être à la plage et de vouloir plonger dans l’eau !

Je n’ai jamais eu de problème pour me mettre en maillot de bain. Je n’ai jamais eu honte de mon corps. Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été à l’aise avec mon enveloppe charnelle. Pas autant qu’aujourd’hui après toutes ces années de travail sur l’acceptation de soi à travers le blogging mais je n’en ai jamais été malade. Pourtant ce jour là j’ai pris conscience que les autres en revanche avaient un réel problème avec une grosse en maillot.

Lorsque j’arrivais dans l’eau, j’entendais moqueries, sobriquets en tous genres, tentatives de me toucher. Ce calvaire a duré une dizaine de minutes puis je suis sortie de l’eau car trop ennuyée par ces gens. Certains ont même voulu nous encercler ma cousine et moi pour continuer l’agression verbale. J’ai alors perdu patience et commencé à vociférer qu’on nous lâche la grappe. Je pense que personne dans mon entourage ne comprendra jamais cet accès de rage dont j’ai fait montre car j’étais du genre « docile » à l’époque. J’étais toujours été la rigolote de service, le pitre qui ne se mettait rarement en colère. Mais ce jour là c’en était trop.

Je découvrais la grossophobie. Crue. Brutale. Violente. 

Celle que beaucoup considèrent comme inexistante car c’est tellement facile de se moquer du petit gros. Il devrait d’ailleurs remercier ses bourreaux car voyez-vous ces moqueries auraient pour but de l’aider à prendre conscience de sa situation et le motiver à se bouger les fesses pour perdre du poids. Humilier le petit gros serait bénéfique pour lui en fait ! Laissez moi rire. 

Le seul bénéfice que je retire à cet épisode est qu’il a été le point culminant, ce moment précis où j’ai dit stop à ces humiliations, où il était plus que temps que je reprenne le pouvoir et ma place dans la société.

Que je m’affirme et que je n’ai pas honte de le faire, que je n’ai pas honte de me montrer au monde telle que je suis.

A savoir une femme fière d’elle, de son corps, de son histoire. Une femme ambitieuse, intelligente, belle, tenace et à la fois sensible. 

A l’époque, j’étais déjà active sur des forums dédiés à la Size acceptance, notamment le site Vive les rondes où je lisais des échanges au sujet des discriminations envers les personnes en surpoids. C’est d’ailleurs de là que j’avais commencé mes recherches pour rédiger mon mémoire en droit social durant mon année de master 1 : « Le poids des apparences : l’obésité, source de discriminations ? » 

C’est aussi à l’époque qu’a commencé ma passion pour la mode grande taille, pour cette industrie qui peine tant à prendre sa place.J’étais en pleine recherche de vêtements pour passer des entretiens en vue de décrocher un stage et malheureusement, vivant dans une société guidée par l’apparence, je savais que mon poids ET le fait d’être une femme, qui plus est noire ne joueraient pas en ma faveur malgré mes compétences qui n’étaient nullement à prouver.

J’ai alors pris le parti de travailler sur mon apparence, sur mon style et mon look. De tout miser sur les vêtements et d’en faire des alliés dans ma vie professionnelle. Ceci a été une réelle révélation car ce sont les vêtements qui m’ont permis d’apprendre à m’accepter. C’est pour cette raison que je dis souvent que chaque vêtement que je porte a une histoire. 

Qui aurait cru que plus d’une décennie après j’aurais moi-même créé Ibilola ma ligne de vêtements ou encore qu’Eurovet, organisateur du salon Unique by Mode City me proposerait de devenir ambassadrice du défilé Body Positive qui se préparait : de défiler en maillot de bain depuis des centaines de personnes ? 

Pour tout vous avouer, l’un de mes rêves est d’assister (en front row évidemment !) à des défilés de la Fashion Week où des femmes de toutes les morphologies seraient représentées. Une utopie pour certains, une étape déjà franchie par les Fashion Weeks américaines alors pourquoi pas Paris ?

Lorsque j’ai reçu cette proposition de Unique by Mode City, je me suis dit « Girl ! Let’s do it ! » Let’s do itparce que nous sommes à Paris, la fameuse capitale de la mode sauf pour 46% de la population qui s’habille en taille 42 et plus.Let’s do it parce que relever ce défi personnel pour toi-même c’est aussi militer à ta façon pour l’acceptation de soi et l’acceptation de tous les corps.

Alors oui j’aimerais évidemment que ça ne soit pas un one shot et que ce type d’initiatives vont se multiplier pour aller encore plus loin. J’espère vraiment que les prochaines éditions, petit à petit verront plus de diversité sur le catwalk et que ça ne sera plus accueilli comme extraordinaire de voir ce type de défilé. Oui j’espère que cette prise de conscience n’est pas qu’une tendance notamment pour la presse ni un argument marketing pour les marques. Et si les marques spécialisées dans la lingerie et le maillot de bain grande taille commençaient par présenter leurs collections sur des mannequins qui correspondent à leur clientèle déjà ?

En tous cas je continue à militer dans ce sens et continuerai à porter ce message toujours plus loin notamment hors des écrans, des réseaux sociaux avec des événements comme celui-ci car mine de rien ils permettent d’ouvrir la conversation sur des questions sommes toutes assez évidentes en fait en ce qui concerne la mode inclusive. 

En attendant d’aller encore plus loin, j’ai profité de chaque instant de ce défilé.

Des répétitions où les mannequins taille standard nous regardaient du coin de l’oeil lorsque nous sommes arrivées dans les loges à ce moment précis avant d’arriver sur scène pour défiler où elles ont toutes quitté leurs écrans de téléphone pour nous encourager et nous donner de la force. 

Je suis fière d’avoir participé à ce défilé dans un cadre professionnel, au sein de l’industrie même, pas en marge du salon, non c’est même le créneau horaire le plus attendu du salon. Fière d’avoir défilé aux côtés de ces femmes qui chacune est sortie de sa zone de confort, qui chacune avec son histoire a montré à quel point s’accepter est une belle aventure. 

Merci à chacune des participantes au concours que nous avions lancés sur Instagram avec Valériane et Julie et avec qui j’ai partagé ce moment. Chacune m’a donné de la force, chacune porte ce message à sa façon et c’est un beau message. Comme l’a si bien dit Julie alias @DouzeFévrier : « aujourd’hui nous avons cassé les codes et ça fait du bien ». 

Je suis fière de mon corps, de mon moteur. Je ne pourrai jamais renier ce corps là.Celui dans lequel je vis là maintenant. Celui qui me permet de me déplacer, de travailler, d’entreprendre et que je chéris à chaque étape de ma vie. 

Merci à vous qui me suivez, me lisez, m’accompagnez. J’ai vécu ce moment pour chacune de mes lectrices qui partage un peu de son histoire avec moi. Merci mesdames de m’inspirer chaque jour.

Body positive c’est le corps certes mais c’est aussi et surtout l’esprit. C’est comment je vis avec mon corps, comme je fais de mes insécurités des alliées pour avancer, faire ma place et shine bright like a diamond ? Comment j’apprends à prendre confiance en moi, à dépasser mes propres limites et à me féliciter ?

On est ensemble. Body Positive c’est ensemble. S’accepter à l’instant T de sa vie et accepter l’autre tout le temps tel qu’il est. C’est pour moi un mouvement qui rassemble. Qui nous rassemble loin des diktats de la beauté et c’est ensemble que nous faisons évoluer les mentalités. Nous n’avons pas besoin de nous opposer pour se valoriser. 

Allez ! Suffit ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu autant envie d’écrire ainsi et ça fait du bien.

Je vous laisse avec quelques images des coulisses du défilé et celles du défilé même en vidéo ainsi que mes interviews sur BFM tv et le Parisien. Pour plus de parutions presse, podcasts, n’hésitez pas à faire un tour sur la page presse ici il y  a de quoi pour la route des vacances.

Je vous donne aussi rendez-vous sur ma chaine IGTV pour découvrir mon premier vlog qui reprend les coulisses de ce défilé.

Je vous embrasse et vous souhaite de belles vacances en maillot de bain, quelque soit votre taille : évidemment ! Avez-vous déjà choisi celui dans lequel vous allez slay cet été ? J’ai hâte de vous relire. Ça fait longtemps ! 


Sources photos des backstages ici

Catégorie(s): Beauté / Bien-être, Lifestyle, Mode

2 commentaires pour “Comment j’ai appris à prendre confiance en moi grâce au mouvement Body Positive”

    artemisia

    12 juillet 2018

    GAELLE tu peux être fière de toi.

    TU ES CANON

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