Gaelle Prudencio Ibilola parcours femme entrepreneure mode grande taille

Il y a un an, je vous présentais ici Ibilola Ma ligne de vêtements en Wax.

Je vous racontais qu’Ibilola était le prénom Yorouba de ma grande soeur décédée un 1er mars et qu’Ibilola signifie « la naissance est une richesse« .

Le 1er mars 2017, (re)naissait Ibilola avec quelques jupes patineuses en Wax. Une première collection qui a été sold out en un quart d’heures et je ne m’y attendais pas.

Un an après et quelques jupes, robes, pantalons, combinaisons, tops et bracelets plus tard, j’aimerais partager avec vous quelques enseignements que j’ai tirés de ma première année de cette aventure assez folle (ou pas) qu’est l’entreprenariat.

Les réseaux sociaux ont tendance à rendre le monde de l’entreprenariat ultra glamour et fun. « Allez-y ! » « Foncez ! Lancez-vous ! Voici mes astuces pour doubler votre chiffre d’affaires en 2 mois  » bla-bla-bla. Gurl bye.

Dans ce billet, comme pour chaque billet que je rédige sur mon site, je partage mon expérience, des leçons que je tire de celle-ci et de mon ressenti par rapport à différentes situations.

C’est une sorte de récap de cette année que je partage avec vous et qui m’aide aussi à revenir sur cette démarche entamée il y a un peu plus d’un an et qui me mène aujourd’hui à passer au niveau supérieur de mon business et pérenniser ma marque.

Gratitude 

C’est la première chose que je retiens de cette première année d’expérience.

Elle est dans ma top list car Ibilola est mon entreprise mais que serait cette ligne de vêtements sans VOUS ? Un lointain souvenir déjà mort dans le film depuis Mathusalem.

Comme je le disais plus haut, la première collection était sold out dès sa mise en ligne et je vous en remercie.

Sachez que chaque commande que je reçois = des loopings dans mon coeur. 

« Entreprendre dans la mode grande taille à l’heure du digital » était le thème d’un BWLB auquel j’avais participé il y a presque 2 ans.

A l’époque, j’avais eu l’occasion de partager mon expérience d’entrepreneur du web pour qui l’un des défis majeurs est de savoir animer et fédérer sa communauté autour d’un projet.

Pour cela l’authenticité prime.

Je ne me suis pas lancée avec un produit aux antipodes de mon histoire et de mon rapport aux vêtements.

« Quand on a des formes il faut éviter de porter des imprimés« . C’est l’une des injonctions que j’ai souvent entendues de la part des stylistes et autres conseillers en image. Que nenni !

J’ai pour ma part toujours été fascinée par les femmes africaines qui portent le Wax avec tant d’élégance et qui le subliment grâce à leurs formes.

C’était donc une évidence pour moi que c’est ce tissu, que je porte depuis l’enfance que j’avais envie de mettre en valeur. 

Merci car lorsque je reçois un message comme « Cela faisait 10 ans que je n’avais pas porté de jupes à cause de ma silhouette et grâce à la tienne j’ai décidé de me lancer » je peux vous dire que j’ai tout gagné. Des loopings dans mon coeur.

Avoir confiance en son projet 

Ma démarche dans la création d’entreprise n’est pas conventionnelle. Je viens à peine de faire créer le logo de la marque et me suis enfin posée pour rédiger le business plan.

Pour développer Ibilola, je serais amenée à présenter un dossier à un certain nombre d’interlocuteurs pour lever des fonds. Croire en mon projet et avoir confiance en lui, et en mon produit est impératif pour continuer à avancer. Surtout en tant que femme et avec les obstacles que nous rencontrons.

Mon but n’est pas que de vendre des vêtements en Wax. C’est aussi de combattre un certain nombre d’idées reçues notamment en ce qui concerne l’industrie de la mode grande taille qui est réputée difficile. 

Ceci n’est pas une démarche évidente et loin de moi l’idée de faire croire le contraire mais je suis convaincue que plus nous serons nombreux à entreprendre dans la mode grande taille, plus nous pourrons lui donner la place qu’elle mérite. Celle destinée aux 46% de la population française qui s’habillent en taille 42 et plus.

Avoir confiance en mon projet c’est aussi le défendre.

Je l’ai déjà dit et le répète : je travaille pour moi et pour ma communauté. Les américains, les anglais, les allemands y arrivent, pourquoi pas la France ?

Et puis entre nous : le prêt-à-porter en Wax quand on s’habille en taille 44 et plus est impossible à trouver. J’ai beau avoir l’occasion de me faire coudre des vêtements au Sénégal ou au Bénin, eh bien moi aussi j’ai envie de m’offrir une magnifique pièce portée par un mannequin. C’est quoi cet ostracisme là ? Fini la frustration avec Ibilola ^^

Se former

Business model, business plan, analyse Swot, plan de financement, plan de collection, étude de marché quel statut juridique choisir : OMGeee c’est quoi tout ça ?

Honnêtement c’est un monde à part et on n’a pas d’autre choix que de se former pour ne pas aller droit dans le mur.

Je devrais créer un mème à ce sujet avec ce qu’on voit d’une marque à savoir les photos, le produit fini, l’expérience shopping et la réalité avec le côté administratif, les étapes à ne pas louper, les déconvenues et les bonnes surprises !

Que dis-je ? Les rencontres qui changent notre approche des choses et nous motivent à ne pas arrêter en cours de route. 

J’aime l’expression « qu’il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres ».

Effectivement, ce n’est pas un hasard si j’ai un jour pris le temps de lire attentivement une newsletter que j’ai reçue et qui me proposait de suivre une formation intitulée « Fashion accelerator« .

« 4 jours d’accompagnement, de coaching, un accès direct aux décideurs Africains et une opportunité de remporter du cash pour votre business ». Ah ouais ? Je signe où ?

Non en réalité j’ai refermé le mail puis j’ai vaqué à mes occupations.

Cette histoire me trottait quand même dans la tête et ce n’est toujours pas un hasard si j’ai répondu à l’invitation à déjeuner de la plateforme Sunu Startup qui souhaitait me présenter un peu plus cette formation. Ecoutez je m’y suis rendue hein !

Quelques semaines après, en novembre 2017, je me retrouvais en immersion totale avec d’autres femmes, chacune à un stade plus ou moins avancé de son projet d’entreprise.

Nos points communs : entreprendre dans la mode, produire en Afrique et commercialiser nos produits un peu partout dans le monde.

Cette formation m’a permis d’avoir une vision plus claire de mes envies et objectifs pour Ibilola. Où vais-je exactement ? Parce que bon c’est bien beau de se lancer mais avoir une destination c’est quand même mieux.

Pendant 4 jours j’ai reçu un maximum d’informations adaptées à mes problématiques de production sur le continent africain mais aussi des réponses à un certain nombre de questions que je me suis posées au fur et à mesure que j’avançais dans mon projet. Des formations dispensées par des experts de la création d’entreprise ce n’est pas ce qui manque notamment via la chambre de commerce.

Faire du Made in Africa en revanche est une aventure dans l’aventure qui mérite d’être abordée avec les meilleurs outils !

Si je devais comparer mon expérience avec Ibilola à une série TV, je consacrerais carrément une saison entière à cela surtout que je ne suis pas en permanence sur place à Cotonou, à l’atelier avec mes couturières : mes Dora Milaje (référence au film Black panther inside. Je suis incorrigible !).

C’était donc hyper enrichissant d’avoir le retour d’expérience de professionnels et experts de la mode qui ont décidé envers et contre tout de faire du Made in Africa avec tout ce que cela implique en terme de logistique et de suivi qualité et qui surtout réussissent !

Des professionnels qui n’ont pas glamourisé leur activité et nous ont fait part de leurs difficultés. Ce module a vraiment été celui que j’ai préféré.

Cette démarche d’intégrer le Fashion Accelerator m’a aussi permis de prendre conscience de mon isolement dans mon projet et m’a donné l’occasion de créer un réseau et m’enrichir des rencontres que j’ai faites aussi bien avec mes collègues de formation que les différents formateurs que nous avons eus.

Je n’avais vraiment pas idée de l’importance du réseau et si je peux partager un conseil avec vous, qui vous lancez dans la création d’entreprise, quelque soit le secteur : ne restez pas dans votre coin. Sortez de chez vous, allez à des salons, des rencontres, tapez à certaines (toutes les) portes.

En tant que femme, qui est plus est femme noire, les défis de l’entreprenariat sont encore plus importants et il est nécessaire de savoir s’entourer. La plateforme Sunu Startup (ic) permet en plus de la formation Fashion Accelerator de déposer et faire connaître son entreprise quelque soit notre domaine d’activité. Faites vous connaître !

Si vous êtes issus de la diaspora africaine, n’hésitez pas à vous rendre entre autre aux rencontres du REDA (ici) que j’ai connus grâce au Fashion Accelerator.

Pour ma part je continue à me former chaque jour notamment en prenant le temps d’observer et d’écouter ce qui se passe autour de moi.

Prendre un temps d’observation et savoir reculer pour mieux sauter 

Ma marque est jeune et mon ambition est grande.

Révolutionner l’industrie de la mode grande taille ce n’est pas un petit projet hein. Surtout dans un contexte de surconsommation du vêtement avec la fast-fashion.

Alors je prends mon temps pour penser mes modèles, rechercher les tissus que vous porterez prochainement , travailler sur mon projet et nourrir ma créativité. 

J’ai récemment fait le plein d’inspiration lors de l’exposition hommage au photographe malien Malick Sidibé. Je vous en parle sous cette photo.

« J’ai hâte de voir ta nouvelle collection ! » « C’est pour quand les nouveaux modèles ? » « Est-ce qu’il y aura des robes ? » « Tu pourras refaire une combinaison ? » « A quand des sacs ? Des turbans ? des maillots de bain ? Ce serait bien de faire des coussins en Wax ? » « pourquoi tu ne fais pas un crowdfunding pour te financer ? »

A la question : à quand la prochaine collection ?

Je suis ravie de vous annoncer qu’elle est en cours de production.

Vous pourrez pré-commander les pièces du printemps dès le mois d’avril. Il y aura aussi de nouveaux imprimés pour les bracelets.

J’ai un beau produit de qualité. Celles qui ont craqué sur plusieurs pièces Ibilola depuis son lancement en sont la preuve et c’est une sacrée fierté pour moi alors je prends le temps de travailler dessus.

J’ai aussi la chance de pouvoir compter sur vous et de vous faire participer grâce aux différents sondages et questionnaires que j’ai eus à faire. Merci pour votre enthousiasme.

Prendre son temps, ne pas se précipiter, faire des tests mais ne pas aller dans tous les sens est aussi une leçon que j’ai apprise durant cette première année. 

Si vous me suivez sur Facebook et Instagram, vous savez déjà qu’Ibilola est désormais distribué en boutique en Martinique !

Il y a un truc spécial qui se passe en moi depuis la naissance d’Ibilola.

Je sors de ma zone de confort, prends des risques et apprends à lâcher prise.

Un état d’esprit qui m’a fait dire un grand OUI lorsque Lauriane Pernock m’a contactée pour distribuer ma ligne de vêtements dans sa boutique à Fort-de-France. Je me suis dit  » Madinina ? Gurl ! Just do it ! »

Vous y trouvez désormais une sélection exclusive de robes et d’imprimés que vous pouvez toucher, essayer et adopter directement chez Kreyol Attitude au 72 route de Châteauboeuf ,97200, Fort-de-France 

Je sais que vous êtes nombreuses à me lire de la Martinique et je suis ravie que vous puissiez acheter mes modèles sans avoir à payer des frais de port astronomiques ! (on va éviter les sujets qui fâchent).

J’ai encore énormément de choses à raconter au sujet de cette année mais je vais m’arrêter là pour l’instant. Je tenais à partager ce billet et ce récap avec vous car c’est notre projet ! (Emmanuel Macron’s voice).

Je vous laisse avec quelques photos souvenirs des différents imprimés et modèles. Certainsont bien marché, d’autres moins ! Ça fait partie du jeu.  

Les premiers imprimés : turquoise, flower et graphik ! 

La maxi flower ! Le retour des jupes maxi est prévu pour ce printemps !

L’imprimé Palmiers pour cette robe qui sera rééditée au printemps dans de nouveaux imprimés !

L’imprimé Vitamin de la combinaison

L’imrimé square vu sur la jupe, le pantalon et le kimono

L’imprimé Happy ! Mon préféré !

Cotonou et Dakar avec le kimono Square

L’Abidjan ou l’imprimé best seller de l’automne hiver

Le kimono imprimé Square

L’imprimé Babi et les bracelets « Ife » 

L’imprimé Kinshasa pour le premier Noël d’Ibilola

Lauriane Pernock de la boutique Kreyol Attitude dans la robe Ibilola en Martinique

Je suis super émue de revoir ces différentes photos et le chemin déjà parcouru. Retrouvez Ibilola sur Instagram avec vos photos, notamment dans des imprimés qui ne sont pas tous visibles ici !

Pour la petite histoire : je prenais les premières photos en studio en catimini avec mes collègues. C’était chez Mim, en plein tumulte avant la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise. Mes collègues savaient qu’elles perdraient leur emploi dans les semaines qui suivaient mais étaient hyper enthousiastes à l’idée de soutenir mon projet. Une bouffée d’oxygène pour l’équipe durant cette période difficile.

Que de chemin parcouru depuis et que belles promesses pour l’avenir ! Joyeux anniversaire Ibilola.

Êtes-vous inscrite à la newsletter d’Ibilola ? Vous pouvez le faire ci-dessous pour être les premières informées dès la sortie de la prochaine collection.

Restons en contact !

* indicates required




Poursuivons la conversation sur Facebook / Twitter / Instagram / Youtube 

fb


Rendez-vous sur  le shop pour commander une pièce de ma collection Ibilola !

Catégorie(s): Ibilola, Mode

2 commentaires pour “La première bougie d’Ibilola : retour sur ma première année de femme entrepreneure”

    AL

    1 mars 2018

    Félicitations Gaëlle, hâte que l’été revienne pour porter à nouveau ma jupe maxi flower 🙂

    Répondre

Reagir